COAL
COAL, coalition pour l’art et le développement durable, créée en France en 2008, est une association qui rassemble des professionnels de l’art contemporain, du développement durable et de la recherche.
COAL soutient le rôle incontournable de la création et de la culture dans les prises de conscience et les mises en œuvre de solutions concrètes et contribue par ses activités à l’émergence d’une culture de l’écologie. COAL favorise l’intégration de l’artiste au sein d’un réseau de parties prenantes sur les enjeux sociétaux et environnementaux actuels et agit via le lancement d’appels à projet, d’événements, d’expositions, de publications en collaboration avec des artistes, des scientifiques, des institutions culturels, des ONG, des collectivités et des entreprises. COAL est également une plate-forme de sensibilisation, d’information et de mise en relation des univers de l’art et de l’écologie, qui propose des repères scientifiques et bibliographiques ainsi qu’un fil de veille sur l’actualité de l’art en rapport avec l’écologie et le développement durable.
COAL a notamment créé le Prix COAL Art & Environnement, remis en 2010 à l’artiste Thierry Boutonnier pour son projet d’agriculture urbaine Assolement. Ce prix a bénéficié pour sa première édition du soutien du Ministère de la culture et de la communication et du Centre National des Arts Plastiques. Parmi les commissariat d’expositions d’art contemporain de premier plan sur le thème de l’écologie présentés par COAL en 2010 citons : Eclaircies, Le Quai – Forum des Arts Vivants, Angers, Le temps de la Fin et Résilience, Espace d’Art Contemporain La Tôlerie, Clermont-Ferrand, Naturel Brut, Parcours art et biodiversité, WWF/Parcs et Jardins de la ville de Paris, Panorama, Salon 1.618/Palais de Tokyo, Paris…
POUR UNE CULTURE DE L’ECOLOGIE
Le sens que portent l’écologie et le développement durable doit permettre de fonder un nouveau projet de société. Ce changement est de nature culturelle. Il porte sur des valeurs, des visions du monde, des façons de faire, sur l’organisation des sensibilités, sur les modalités de la participation sociale et politique et la remise en question de notre rapport à la nature.
La culture de l’écologie et du développement durable aujourd’hui se développe rapidement mais reste fragile, parcellaire et pragmatique. Cela peut s’expliquer notamment par l’absence d’implication des acteurs culturels et des intellectuels. Parallèlement la controverse et l’indifférence, alimentées par un mouvement de contre-culture « anti-écologiste », s’accroît. Le chemin qui reste à parcourir pour une intégration culturelle heureuse du développement durable est long car fondé sur une adhésion volontaire à un nouveau projet de société. Il repose sur le principe du « citoyen actif » et celui d’une « société civile » jouant pleinement son rôle de partie-prenante. L’adhésion et la participation des individus passent par un partage de sens et de vision de l’avenir. La culture, porteuse d’un regard et d’un imaginaire sur la société, joue alors un rôle de levier dans l’organisation de ce partage.
L’artiste, expression sensible et visionnaire de la société civile, et rare agent social impartial sans implication pour des intérêts particuliers autre que les siens propres, est légitime pour exprimer ce projet de société. Son implication accompagne une prise de conscience collective et l’évolution vers une société plus juste et plus durable. Source d’imagination, de créativité, de participation et d’innovation, la culture a l’énergie d’une disruption positive capable de susciter des changements dans nos comportements et nos représentations.
Les rapprochements entre culture, art, écologie et développement durable font aujourd’hui l’objet d’une véritable dynamique partout dans le monde comme en attestait par exemple la forte présence artistique au COP 15. Depuis 2005, un tournant inédit a été pris. Dans de nombreux pays, institutions, centres d’art, artistes, collectivités, se sont mobilisés sur la thématique de l’écologie et du développement durable, autour de centres de ressources, de groupe de recherches et d’actions, d’expositions, de festivals, de colloques, de résidences, etc.
On peut distinguer aujourd’hui quatre approche théoriques complémentaires sur le sujet :
- La culture comme « quatrième pilier » du développement durable, défendant l’accès équitable à la culture dans une société « durable ».
- La culture considérée dans sa diversité, parallèlement à la diversité biologique, et sa nécessaire préservation et valorisation.
- La culture comme levier de changement vers une société plus durable, le changement à mettre à place étant avant tout de type culturel.
- La culture comme secteur d’activité devant intégrer le développement durable dans ses pratiques et son fonctionnement.
En France, cette dynamique évolue lentement. La création artistique intègre rarement les grands enjeux environnementaux et sociétaux actuels. Réciproquement, les acteurs du développement durable font peu appel à l’art et à la culture dans leurs processus de décision, de réflexion, de communication ou d’action, si ce n’est pour leur confier un rôle d’animation, de décoration ou de divertissement.
Les artistes sont globalement à l’écart des approches multi parties-prenantes qui réunissent ONG environnementales, syndicats ou associations de consommateurs. Au Grenelle de l’environnement, le secteur culturel était absent (à l’exception d’une proposition non détaillée du COMOP 34 « 4.2 Mobiliser le réseau des Musées et des centres de culture scientifique comme points de rencontre avec le public et comme référents et/ou pilotes de démarches larges et participatives d’observation »).
COAL est aujourd’hui la première initiative française d’envergure à agir pour valoriser le rôle de la culture comme levier de changement.




